Disparitions, apparitions
Sauf l'hiver, en fuite on ne sait où
comment reprendre ses esprits
l'expression vient toute seule
(à l'imagine des jonquilles dans la boue anachroniques)
la bobine d'allumage du moteur qui rechigne
ou qui regimbe, les mots accumulés pendant l'hiver
embrument momentanément la réalité du problème
(un type, à l'aéroclub, ne pensait autrement de sa réchauffe carbu)
mais là, où est passée la checklist
la petite bulle douce dans les livres avec la pluie tout autour, le gel
s'évase, s'amplifie et le corps décomprime
(resaisis-toi camarade)
le travail est au sol, corps à corps
pour les mots on verra plus tard
facile à dire pour qui était enfermé trois mois durant
(or, le temps presse)
quand l'espace se dilate
un autre paradoxe
il faudrait aérer la terre rapidement
(foutu printemps)
les frênes ont du mal ; il est inutile de les abattre pour autant
l'un d'eux, semblant mort depuis longtemps, ou bien très malade
la houppe défaite, était vert et tendre en son coeur
(on avait abattu un mort vivant, ou un faux mort, un moribond)
le noyer a survécu à tous les coups de vent
il doit être léger comme du balsa désormais
devenu maquette de lui-même grandeur nature
(ne rompt ni ne plie, indifférent à l'air du temps)
alors ce crépuscule l'indiffère
et la haie qui revit, et le talus gravide
l'affairement abstrait des pollinisateurs
(et les disparitions et les apparitions)
J'aimerais bien vite revoir ça de très haut
les ailes suspendues à un courant d'air
frais
(vivant)

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