Vietnam, printemps 2026, #2
Le lendemain nous allons nous promener dans le quartier alentour, dit Vieux quartier ou Quartier des 36 guildes. Il fait gris et sombre. Depuis l'avion qui arrivait sur Hanoï hier, le soleil se levant alors que nous étions au dessus du Myanmar puis du Laos, on pouvait voir le sol sans difficulté, des surfaces claires flottant par dessus des mares obscures. Dès les sources supposées du Fleuve rouge, un brouillard épais envahit peu à peu l'espace, et nous avions atterri très doucement une demi heure plus tard dans un nuage gris foncé. Le delta du fleuve, avec ses zones humides et ses défluents, est une immense machine à brume.
La température est stable et le vent inexistant. Le soleil, abrupt, n'apparait qu'à la mi-journée. Cela explique la présence de nombreux ventilateurs à même le sol dans la rue, à quelques mètres en dessous des climatiseurs. La ville est ouverte sur la rue, on travaille (et on mange) à même le trottoir. C'est la première découverte en ce qui me concerne, et elle est de taille. La deuxième étant la présence d'arbres immenses laissés pousser en liberté sur ce même trottoir, sans entrave et sans contraintes de quelque sorte que ce soit, hormis l'aide qu'ils apportent au passage des cables de la fibre optique ou de l'électricité, je ne sais.
Quelques façades soigneusement entretenues (ou désentretenues ?) rappellent sans conteste une influence française. On s'efforce de ne pas y penser, de ne pas se rappeler les photographies d'époque où des bourgeois lambda se font transporter par des pousse-pousse (tuk-tuk, parmi la panoplie des mots découverts dès l'enfance). Mais nous ne sommes pas encore dans l'ancienne concession française, dont il reste quelques palaces et maisons d'architectes célèbres, petits joyaux flottant dans une végétation idéalisée.
Chaque rue avait sa spécialité de commerçants ou d'artisans. La troisième découverte est que tout est réparable, on ne jette rien. Ce fait est profondément inspirant, et pour tout dire, réjouissant. On croise beaucoup d'Européens, des touristes asiatiques, des Russes. Moins qu'en temps ordinaire, paraît-il, ceux ayant des vols qui font escale à Dubaï n'ayant évidemment pas pu venir. Beaucoup de monde tout de même, à pied et en scooter. Pour traverser la rue, rien de plus simple, nous a dit Dong. Marcher lentement, ne jamais reculer, et fermer les yeux.
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