Vietnam, printemps 2026, #7
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Le voyage se poursuit, pour le moment sur des routes plus ou moins bien goudronnées. Il y a à la fois beaucoup de circulation, et jamais d'embouteillages. Le chemin est long, mais peu de douleurs résistent au Doliprane, même si je suis attristé de ne pas avoir pris le temps de venir ici plus tôt, plus jeune.
L'intelligence de la construction en bois, parfois sur pilotis, provoque de la fascination, alors on s'arrête en bord de route pour observer les gens y travailler. La plupart du temps, c'est une construction ancienne dont on utilise les matériaux pour en bâtir une nouvelle. J'ai pris l'habitude de demander l'accord des personnes avant de prendre une photo. Souvent cet accord se présente sous un angle tacite, et il m'arrive de cadrer des scènes qu’habituellement je ne me serais jamais permis de photographier.
Il y a quelques jours, j'avais montré à notre guide Dong une photo enfouie dans mon portefeuille où l'on voit mon père à côté d'un hévéa. La photo est datée, au dos, le 1er juin 1952 et je sais de mémoire que cette photo a été prise au Cambodge, dans une plantation près de Phnom Penh. Dong, ancien militaire, l'avait regardée longuement.
Aujourd'hui le van s'arrête en lisière de route, et nous montons un chemin abrupt dans une chaleur insupportable, accentuée par l'humidité qui fait les vêtements épouser la peau. Nous sommes dans une plantation de jeunes hévéas fraîchement saignés. Dong insiste pour me prendre en photo, en mémoire de ton père dit-il. Je le sens très ému et je le suis aussi, même si j’ai du mal à l’admettre. Nous sommes ici relativement loin du Cambodge et mon père, difficile de le contester, représentait, à ce moment précis, l'ordre, autour d'une Compagnie française, Michelin, qui se comportait vis à vis de la population à la manière d'esclavagistes. Bien sûr, mais, tu te rends compte, 70 ans après... Dong est très fier de m'envoyer la photo alors je la dépose ici, pour le remercier aussi de sa générosité.
Un peu plus tard nous rencontrons les premières plantations de thé. Et puis toujours, en bord de route, toutes sortes de métiers manuels qui ne connaissent pas le repos. Ou alors un quart d'heure, le midi, alors que nous prenons un temps fou pour déguster des nem ou des pho parfois confectionnés à même le trottoir et qui nous semblent, à chaque repas, encore meilleurs que ceux de la veille.
| Chup (Cambodge) 1er juin 1952 |
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| La Pan Tan, 31 mars 2026 |
(à suivre...)
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Très touchantes ces deux images à soixante-dix ans de distance, un guide sensible et précieux.
RépondreSupprimerOui, il a su deviner quelque chose de plus important que je l’imaginais moi-même.
SupprimerTouchant de suivre tes pas. Merci, Dominique.
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