Vietnam, printemps 2026, épilogue


Puisqu'il faut conclure.
Ce n'est pas facile, et je reconnais avoir des difficultés à faire ce geste, terminer le récit. Peut-être une météo plus clémente, ces jours-ci, me facilite la tâche, va savoir. Les mots sont sensibles à la couleur du ciel, et il ne suffit pas d'écrire lumière
pour que la lumière soit. Mais les premières petites pommes acides et sucrées du verger aident à la prise de décision.

À ce propos, je suis heureux de n'avoir fait aucune lumière sur la jeunesse de mon père, heureux, en particulier, que cette partie-là de sa vie me soit à jamais éloignée, ce qui a comme conséquence inattendue - et contradictoire - de me le rendre encore plus vivant. Je conserve en mémoire des bribes brûlantes de ses récits profus dont l'ambiance, la touffeur, me sont un peu plus présentes, bien que ses mots, en écoutant bien, nous les avaient déjà révélées.
Les deux dernières photos sont, l'une, un tout petit jardin dans le centre de Hoï An. Ou plutôt un terrain d'apparence communale où chacun va s'occuper d'une surface minimale pour des plantes essentielles. Un mini jardin familial, en somme. Cela fonctionne comme ça. L'autre photo est une barque de pêcheurs sur la rivière des Parfums, pour le souvenir du clapotis, du « 
mâchouillement obscur entre les ventres des bâteaux amarrés », comme écrivait Colette.

Nous reviendrons, dans quelques années, dans le sud du pays, peut-être même vers le Cambodge. L'idéal serait d'y aller en bateau, si possible en cargo mixte, prendre le temps du voyage. On peut toujours rêver. À moins que la réalité nous oblige à rester veiller sur quelques vivants, par ici. Auquel cas nous nous reporterons sur la lecture, son pouvoir infini.



Merci à celles et ceux qui sont venues faire un tour plus ou moins long, sur ce blog dernièrement voyageur ;)

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